D’après une étude portant sur plus de 6000 sanctions et punitions : 80% des élèves punis au collège sont des garçons. Dans « la fabrique des garçons, sanctions et genre au collège », Sylvie AYRAL avance des chiffres : 83% des punitions pour indiscipline sont le fait de garçons, 91% quand il s’agit d’atteintes aux biens et aux personnes. Plus la transgression est grave, plus les garçons semblent représentés. Pour l’Education Nationale, la sanction a « valeur formatrice et pédagogique » ; elle doit responsabiliser l’élève et lui rappeler la loi. Officiellement, elle n’a pas de genre, mais, pour les adultes au contact des jeunes, elle concerne d’abord les garçons. Hormones, immaturité, manque d’encadrement, tendance « à marquer le territoire »…les causes invoquées sont multiples. Mme AYRAL révèle un autre aspect : pour les garçons, la sanction est un rite de passage, une manière d’affirmer sa virilité. La punition finit par reproduire ce qu’elle prétend combattre en renforçant, quelque part involontairement, les identités de genre et la domination masculine.

 

Sylvie AYRAL est professeure d’espagnol et docteure en sciences de l’éducation ; son livre est parue aux PRESSES Universitaires de France, Mars 2011.

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